Communiqué 0008 – Cirés Jaunes, les vraies raisons de la colère

Dessin de Stefan Moginet

Dessin de Stefan Moginet

Voilà plusieurs semaines que nous, insulaires des îles du large du Morbihan, Belle-Ile, Groix, Houat, Hoëdic, manifestons contre le renouvellement du contrat de Délégation de Service Public (DSP) par le Conseil Général du Morbihan au profit de l’entreprise Veolia, via sa filiale Transdev.

Qui sommes‐nous ? Que sommes‐nous ? En premier lieu, des citoyens français, soumis aux lois de la République. Notre République, une et indivisible, a promis à chacun d’entre nous une égalité de traitement devant les lois, et d’accès aux besoins essentiels à une vie décente.

Ce pari reste certes difficile à tenir. Le désengagement de l’État et le transfert de nombre de ses compétences aux régions et aux départements ne peuvent donc justifier que des décisions vitales soient prises en absence totale de concertation avec la population.
Or, c’est bien ce qu’il advient depuis que le transport vers les îles a été délégué sans contrôle à des sociétés privées.

Soutenus par un nombre croissant de continentaux, nous nous battons pour que nos îles restent vivantes, pour que nous puissions continuer à y vivre dans des conditions décentes, pour que nos enfants y trouvent des perspectives d’avenir autant que de racines, pour que qui le souhaite puisse encore venir y trouver cet air d’ailleurs façonné par des générations d’adaptation aux difficultés locales. Les îles du large du Morbihan drainent plusieurs milliers de touristes au travers du département à longueur d’année.

Nous ne sommes ni des parasites ni des privilégiés, et nous contribuons significativement à la richesse culturelle et économique de la région. Subissant la même conjoncture que le continent, nous avons à supporter en plus la contrainte du passage maritime. Notre unique route vers le continent se dégrade depuis de nombreuses années malgré des contributions publiques importantes. Nous ne voyons pas de solution dans la reconduite d’un contrat avec l’actuel délégataire.

Ceux qui voudraient nous faire taire réduisent notre combat à des réclamations pécuniaires. Or nous ne nous battons pas pour des tarifs, mais pour que ceux‐ci ne soient pas des obstacles déraisonnables à nos aspirations légitimes : préserver les liens familiaux, justifier l’amélioration de nos structures d’accueil et le maintien des services, maintenir et développer l’emploi local. Garantir une continuité territoriale pérenne et de qualité, voilà notre combat.

Ainsi, avec vigueur mais sans débordements, ce sont bien les intérêts de nos collectivités que nous défendons, en rejetant une politique de transports inique et en tous points toxiques à leur égard.

Nous voulons un moratoire, une année de prolongation de l’actuelle délégation de service public (DSP), et la mise en place d’une commission de concertation ouverte à toutes les parties prenantes, y compris insulaires. Nous voulons que toutes les propositions soient étudiées, y compris des solutions alternatives, afin que les futures décisions soient assises sur des arguments compris et acceptés par tous.

C’est pour ces raisons que nous manifestons.

Le collectif

Télécharger ce texte au format PDF: Les_vraies_raisons_de_la colere2

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